jeudi

Départ

J'ouvre la porte et pousse mes valises sur le perron. Je tombe face à face avec Élise qui semble surprise de me voir partir.

- Salut.
- Salut!
- Où est-ce que tu vas comme ça?
- Ben c'est un peu compliqué vois-tu. Je me suis perdu, je sais plus qui je suis, je me cherche. J'ai reçu un téléphone de ma soeur qui habite au Maroc et qui m'invitait à venir la visiter. J'ai le goût de partir à l'aventure et de tout laisser tomber, alors c'est ce que je fais.

Élise me regarde bizarrement, elle a l'air de penser que je lui fait une joke, mais je suis très sérieux. Alors, je continue.

- Ici, j'ai l'impression de perdre mon temps et de ne pas avancer dans la vie. Je suis toujours avec les mêmes gens; José, Thierry, mes parents, Linda... J'ai envie de découvrir une nouvelle culture, un nouveau peuple tu vois. Pis je m'ennuie de ma soeur. Oups, voilà mon taxi qui arrive, je te laisse. J'espère qu'on va se revoir un jour si je reviens ici.

Elle ne dit rien. Le taxi klaxonne. Je descends les marches avec mes grosses valises. Je les mets dans le coffre avec l'aide du chauffeur bête. Élise me regarde faire. J'embarque dans le taxi, lui sourit et lui fait des bye-bye. Elle me regarde froidement sans me rendre mon sourire et sans bouger. Le taxi démarre. Élise descend les marches sans me regarder et elle s'en va sans se retourner.

Moi aussi je m'en vais sans me retourner. Je pars, peut-être que je ne reviendrais jamais.

lundi

piège

Un souper trop officiel, aucune blague, aucun sourire, juste du sérieux. Toutes nos affaires sont règlées, les papiers sont signés, on ne se doit plus rien. Tout ce passait très bien, aucune crise, aucune larme, aucune bitcherie. Rien. Pas la moindre émotion. Je nous trouvais très matures, Linda et moi.

- Pierre, il y a quelques trucs que tu as laissé chez moi. Je les ai mis dans une boîte, j'aimerais ça que tu viennes la chercher.
- Ok.
- Est-ce que tu veux qu'on vienne avec toi?
- Non, ça va aller p'pa.

Nous voici rendus dans mon ancien chez-moi. Ça me fait quelque chose d'être ici, je me sens bizarre. Linda me propose un café, j'accepte. Elle me parle de son nouveau chum qui se trouve à être son patron et le connard avec qui elle me trompait. Elle me sert un café brésilien avec de la crème fouettée sur le top. C'est délicieux. Elle m'en donne un autre qui a l'air de contenir plus d'alcool que de café. Elle me dit qu'elle s'ennuie de moi. Que l'autre est pas affectueux et tendre comme moi. Elle vient se coller contre moi et elle me frenche passionnément. Je suis paralisé par la peur, je ne sais pas quoi faire, comment réagir. Je me laisse faire par lâcheté.

Et puis tout à coup ça dérappe, on se ramasse dans mon ancien lit à faire vous-savez-quoi. Je crois que j'étais en manque d'amour et d'affection, mais ça n'excuse pas ce que j'ai fait. Au yeux de Linda, mais surtout à mes propres yeux. Je ne peux pas me faire ça; après avoir enfin réussit à trouver le courage de laisser Linda et de vivre ma propre vie, replonger aussi mollement dans mon ancienne existence pourrie.

Il est maintenant 6 h du matin. J'ai beaucoup réfléchis. J'écris un mot à Linda pour m'excuser de ce qui s'est passé hier soir. Je précise même que je n'ai pas du tout envie que ça se reproduise. Je prend ma boîte et je m'en vais sans me retourner. Si ça fait de moi un salaud, tant pis, je l'assume.

Je marche dans la rue avec ma boîte. C'est tranquille, il ne se passe pas grand chose à cette heure. Ça me fait réfléchir. J'ai envie d'être moi, le vrai Pierre. Je ne me rappelle plus de qui il est, mais je sens que je vais le redécouvrir en regardant dans cette boîte...

samedi

Journal

Samedi le 4 novembre 2006, première entrée

Cher journal,

Tu dois être le millième journal intime que je commence et comme à chaque fois je vais te "pitcher" au bout de mes bras avant même d'avoir complété la première entrée.

Mais qu'est-ce que j'ai fait? Il il est 4 heure du matin, je ne peux plus dormir. Je suis dans la cuisine de mon ancien appartement qui est maintenant celui Linda, et je me sens perdu. Je ne sais pas quoi faire ni quoi dire pour exorciser la rage qui me transcende. Mais qu'est-ce que j'ai fait? Il me faut à présent tout recommencer. Apprendre la colère, énumérer les raisons pourquoi je quittais Linda ainsi que toutes les raisons pourquoi ma vie devait changer. Pourquoi il a fallu qu'hier soir, on couche ensemble tabarnak. Elle dors encore, je devrais m'enfuir pendant qu'il en est encore temps. J'ai peur, j'ai froid, j'ai mal et câlisse qu'écrire un journal intime ça n'arrangera jamais rien. Cette entrée restera pour toujours inach...

mercredi

téléphone

- Oui âllo.
- Salut p'pa, ça va?
- Oui ça va. Écoute, je voulais m'excuser pour hier, j'ai pas été correct avec toi.
- Hein? Mais c'est moi qui doit m'excuser, j'ai été super bête avec toi!
- Oui je sais, mais à quelque part t'avais raison. Je sais que t'es devenu un homme, mais je peux pas m'empêcher de te voir comme un ptit garçon. C'est plus fort que moi, j'veux tout le temps tu surprotéger.
- Ok, ben moi aussi je m'excuse papa. Ya une manière de dire les choses pis c'est certainement pas celle que j'ai utilisé hier avec toi...
- J't'ai fait du sucre à crème pour me faire pardonner.
- Papa!
- Ben quoi, yé bon mon sucre à crème.
- Ben oui.
- Ouais, j'voudrais pas changer de sujet brusquement, mais hier j'étais venu te voir pour te parler de la vente de ton appartement. Ta mère a fini de règler ça avec Linda, mais il faut encore signer l'acte de vente pis elle vient à la maison ce soir pour faire ça. Je pense que ça serait bien que tu sois là, parce que cette ta transaction, on peut pas signer pour toi... Pis en plus, vous avez des biens communs, Linda et toi, qu'il va falloir partager...
- Ok je vais être là.
- Je sais que c'est pas facile pour toi de la revoir si tôt, mais bon, ça va être l'occasion pour toi de me montrer que t'es vraiment devenu un homme.
- J'te décevrais pas p'pa!
-Viens-tu pour souper? J'ai fait du poulet chasseur.
- Ok!

Détresse

Je ressentais un immense et profond sentiment de détresse. La boutique de José ne se trouvait pas très loin alors j'ai fait de la marche rapide jusque là. Je suis entré dans la boutique quand, sans même me dire bonjour José a éclaté de rire.

-C'est pas drole José.

Il n'y avai qu'un seul client dans la boutique, un jeune homme, début vingtaine avec des cheveux noirs et des lunettes. Il fouillait dans les livres de dongeon et dragon.

-Que puis-je pour toi mon pti clown d'amour.
-Va chier.
-Ça va, ça va.
-José, j'ai besoin de jaser je crois.
-Bon ok, il est presque midi, je met le petit nerdz dehors et on va diner ensemble ok?
-Ok.

Après avoir pressé le jeune homme en lui offrant un Monster Manuel 2.0 si il achetait autre chose tout de suite, José alla chercher deux poutines au resto du coin. On les mangea entourés de figurines mongoles de tous genres. On a discuté d'hier soir et d'Émilie, d'avant hier soir et de mon père puis de Linda, ensuite de moi et de lui, et de Thierry et de moi. Si c'est ça d'avoir 38 ans, j'ai pas hate d'être un petit vieux.

J'ai passé la journée dans sa boutique avec lui à jouer à toute sorte de jeux de société, puis on est rentré ensemble, on a souper ensemble et j'ai appeler mon père.

...

dring, dring, dring...

-Chéri, c'est ton fils à l'appareil, il veut te parler.

...

mardi

oubli

Hum, ça me ressemble vraiment pas tout ça. J'ai jamais été aussi bête avec mon père. J'ai comme l'impression de revivre ma crise d'adolescence. En tout cas, ça va passer. C'est sûrement à cause des médicaments qui m'ont donné à la l'hôpital... Il faudrait pas que j'oublie de m'excuser à mon père, j'en ai rien qu'un, y faut que j'y fasse attention.

J'arrive à la ruelle Jazzé, je sonne chez Élise. Elle ouvre la porte, m'accueille avec un grand sourire et un grand câlin. Décidément cette fille est trop bien pour moi.

- Salut Pierre, j'suis contente de te voir. Est-ce que ça va mieux?
- Ouais je sais pas trop, je me sens un peu bizarre...
- T'inquiète pas, on va te faire oublier tout ça.

J'enlève mon manteau. Élise me présente à ses amis et me tend un verre. Tout le monde a l'air plus jeune, plus beau et plus sympathique que moi. Je me sens que le vilain petit canard noir parmis les beaux grands cygnes. C'est pas grave, ça va passer comme dit Élise...

Après, j'ai pas mal perdu le fil de la soirée. Je me souviens:
  • d'avoir vu des gens se foutre la face dans des gâteaux et se lancer du crémage.
  • d'avoir pris un bain avec Élise et un fille blonde que je ne connais pas.
  • d'avoir vu des gens nus se faire des massages.
  • d'avoir chanter «I will survive» debout sur la table du salon au milieu de plein de monde qui dansait.

Ouach, mais qu'est-ce qui s'est passé? En plus, je viens de me réveillé dans le lit d'Élise et couché en cuillère avec un Chinois et je porte un costume de clown... Ok, il va falloir que je demande des explications à Élise... Justement, elle ouvre la porte brusquement.

-Élise, c'est quoi l'affaire?

-Écoute Pierre, j'ai vraiment pas le temps de te parler. Faut que je retourne à l'hôpital, ma soeur est en train d'accoucher...

- Hein?

- Ok tout le monde dehors! On se revoit la semaine prochaine!

Et c'est comme ça que je me retrouve dans la rue avec un costume de clown que je n'ai pas eu le temps d'enlever. Ok, qu'est-ce que je fais maintenant?

dimanche

Congé

Fraîchement sorti de l'hôpital, fraîchement rhabillé et fraîchement vidé de mon sang pas une grosse mégère avec une méga seringue, je décidai de retourner chez José. J'ouvris la porte avec mon double de clefs, José travaillait encore à cette heure là.

Mon père m'attendait encore à l'intérieur.

-Salut mon gros nounours ça va comment?
-Euh papa...
-Je t'ai fait une belle tarte à la rhubarbe.
-Tu fais quoi ici?
-Je suis venu m'occuper de toi.
-Mais...
-T'as pas d'affaire à me faire des peurs de même.
-Où est maman?
-Elle est en train d'arranger l'affaire de l'appartement avec Linda
-Bon.
-Ton ami m'a ouvert la porte.
-Mais il travaille.
-Ben je suis allé le voir à son travail.
-Tu sais même pas où il travaille.
-C'est pour ça que j'ai appeléé ton ami Thierry.
-Tu as même pas son numéro.
-J'ai fouillé dans tes affaires.
-Papa!
-Oui oui moi aussi je t'aime.
-Hummm...
-Aller, on la mange cette tarte.
-Non, je vais me coucher, demain je suis invité à une fête et j'ai des courses à faire avant d'y aller.
-Est-ce bien sage dans ton état?
-Papa, j'ai trente-huit ans, j'ai pas besoin que tu sois toujours sur mon dos. Je suis un adulte depuis bien longtemps. Pis ça fait trop longtemps que t'es après moi là! Alors, je vais faire ce que je veux demain, aller me coucher pis toi tu me bordes pas, tu me fais pas de bec, pis tu me laisses tranquille! On se voit dimanche, BYE!

Je crois que j'y suis allé un peu fort cette fois. Sans aucun son, aucun tremblement de gorge, aucun battement de cils, une larme glissa de son oeil s'échouant sur les réssifs de sa peau plissée par le temps. C'était la première fois, en 38 ans que je voyais mon père pleurer. Je me rendit compte qu'il n'était plus l'homme plus fort et plus grand que moi de mon enfance. Je venais de le briser, comme un géant écrase une fourmi de son pied. Je venais de donner une raison de plus au viellard de 64 ans qui se tenait debout devant moi, de se désècher.

-Pardon papa, je voulais pas...

Je m'avançai pour le prendre dans mes bras, il fît un pas en arrière.

-Non je comprends, au revoir Pierre.

Il s'en alla, laissant la tarte sur le comptoir. Ce fût à mon tour de pleurer.

lundi

maudit café

Clic clic

Ya des flashes d'appareil photo qui me réveille. Je suis couché à plat ventre sur une civière dans un corridor d'hôpital. Ma jaquette est ouverte et tout le monde voit mes fesses. C'est deux ptits chinois qui prennent mes fesses en photos en riant. Je suis trop faible pour me défendre, mais je suis quand même fâché...

- Décalissez bande de ptits criss!!!!!!!

Je fais sursauter une ptite vieille sur la civière devant moi.

- Désolé...

Un docteur passe à côté de moi. Il s'arrête lorsqu'il remarque que je suis réveillé.

- Bonjour monsieur, on va vous faire une dernière prise de sang puis on va sûrement vous donner votre congé... Vous nous avez fait peur hier soir. Écoutez, je crois que vous ne vous occupez pas bien de votre santé. Vous avez un taux anormalement élevé de caféine dans le sang. Votre coeur n'est plus en mesure de supporter ça. Faites attention, vous n'est plus très jeune... Il va falloir modérer votre consommation...
- Pour l'alcool, aussi?
- Non, de ce côté là ça va très bien. Mais n'en abuser pas trop souvent, ça pourrait finir par être dur pour votre coeur... J'ai pas l'intention de vous faire de sermon. J'imagine que vous savez déjà qu'il faut bien manger et faire de l'exercice... Si vous continuez à avoir des palpitations, il va falloir revenir nous voir pour vous prescrire une médication. Pour le moment, votre état est stable, il faudrait aussi surveiller votre cholestérol... Je vais revenir vous voir dans trente minutes. D'accord?
-Ok...

Et il s'éloigne et je reste seul. C'est plate. Je sens quelqu'un qui me touche l'épaule.

- Pierre!
- Élise!
- Tu m'as fait peur!
- T'es venu avec moi à l'hôpital?
- Ben ouais, j'étais pas pour te laisser tout seul. Pis c'est un peu de ma faute si t'es dans cet état là...
- Ben non...
- J'espère que tu vas aller mieux bientôt. J'aimerais ça que tu viennes à mon party demain soir.
- Un party?

dimanche

Quatre heures et vingts minutes

J'en suis à mon huitième café. Mon quatrième croissant, mon second pain au chocolat et mon premier morceau de gâteau au fromage. Ça fait quatre heures et vingt minutes que j'attends Élise. Elle m'avait donné rendez-vous ici à 3 heure pour prendre un café avec moi. Il est 7 heure et 20, je m'en vais après ce gâteau là.

Je me lève en avalant ma dernière bouchée, j'enfile mon blouson quand la vieille dame assie à la table d'à côté se lève. Cette vieille chose était là à me regarder depuis que je suis arrivé. Probablement une bonne femme à la retraite délaissée par sa famille qui préfère mourir lentement dans un café plutôt que chez-elle. Ses cheveux sont longs et gris, sa peau blème et désèchée, ses traits brisés et froissés. À vous donner froid dans le dos.

-Mon bon monsieur, pourquoi partez-vous?
-Je viens de me faire poser un lapin.
-Par une jeune fille n'est-ce pas?
-Oui
-Elle devait être bien jolie pour que vous soyez resté aussi longtemps.
-Laissez-moi tranquille madame.
-Était-elle belle?
-Beaucoup trop pour moi on dirait.
-Ne dites pas ça, vous avez encore la jeunesse.
-Même avec la moitié de votre âge je commence déjà à mourir madame, laissez-moi partir.
-Vous le regretterez.
-Pourquoi donc!

C'était plutôt sur un ton de défi que d'interrogation que s'envolèrent ces mots. C'était peut-être la rage ou bien les huits cafés que je venais d'avaler qui faisaient effet, mais mon coeur s'emballa, une belle crise aïgue d'arythmie qui me frappait. Je m'effondra lourdement sur le sol quand Élise retira sa perruque visiblement horrifiée. Elle frotta son visage avec son châle pour s'assurer que je la reconnaisse sous son maquillage au fur et à mesure que tout se faisait plus sombre autour de moi. Un homme vint me frapper la poitrine pour réveiller ma patate. Tout redeviendra plus clair plus tard, à l'hôpital, là, on s'occupe de moi...

lundi

Dring dring

Dring dring
- Salut.
- Salut!
- ...

- C'est maman...
- Ah salut m'man, ça va?
- Ouais, j'appelais pour te dire que si tu veux que j'aille régler la vente de ton appartement avec Linda, ça va me faire plaisir de te rendre service...
- Ouin, ben justement, j'osais pas te le demander, mais j'suis ben content que tu me le proposes. J'ai pas trop envie de la revoir.
- J'te comprends mon chou, je vais ramasser tes affaires en même temps. En espérant que Linda les ait pas jetés...
- Ça me surprendrait qu'elle ait fait ça...
- En tout cas, on sait jamais... Quand tu seras prêt pour te trouver un autre endroit où rester, appelle ton père, il aimerait ben ça magasiner ça avec toi.
- Ok.
- Prends soin de toi mon poussin, bye là
- Salut.

Il est déjà deux heures de l'après-midi. J'ai pas foutu grand chose de ma journée. José a ramené une fille hier en rentrant du bar. Je les ai entendu faire des «choses», pis ça m'empêchait de dormir... Messemble que je fais pitié ces temps-ci. C'est le temps de prendre les choses en main. Je décroche le téléphone et compose le numéro. Je tombe sur une madame italienne que visiblement je dérange. Ya pas d'Élise où j'ai téléphoné. Je regarde la carte à nouveau. J'ai composé le mauvais numéro. Maudit que j'suis épais. Je recommence. Ça sonne.

Dring dring

- Oui allô!
- Salut Élise, on s'est vu hier soir, tu m'as donné ta carte. Est-ce que tu te rappelles de moi ?
- Tu peux en être sûr que je me rappelle de toi, t'es mon sauveur!
- Ouais... Aille en passant, mon nom c'est Pierre.
- Pis quoi de neuf Pierre?
- Ben, pas grand chose, je m'ennuyais pis la carte que tu m'as donnée m'intriguait, j'ai décidé de t'appeller...
- Good! Ça me fait ben plaisir, moi aussi je m'emmerdais.
- Euh... c'est quoi que tu fais au juste?
- Je te le dis pas tout de suite, y faut que je t'analyse avant.
- Hein?
- Ben ouais, hier j'ai déjà vu que t'étais un peu fou, maintenant, il faut que je sache si je te classe parmis mes patients ou parmis mes amis...
- Ok...