piège
Un souper trop officiel, aucune blague, aucun sourire, juste du sérieux. Toutes nos affaires sont règlées, les papiers sont signés, on ne se doit plus rien. Tout ce passait très bien, aucune crise, aucune larme, aucune bitcherie. Rien. Pas la moindre émotion. Je nous trouvais très matures, Linda et moi.
- Pierre, il y a quelques trucs que tu as laissé chez moi. Je les ai mis dans une boîte, j'aimerais ça que tu viennes la chercher.
- Ok.
- Est-ce que tu veux qu'on vienne avec toi?
- Non, ça va aller p'pa.
Nous voici rendus dans mon ancien chez-moi. Ça me fait quelque chose d'être ici, je me sens bizarre. Linda me propose un café, j'accepte. Elle me parle de son nouveau chum qui se trouve à être son patron et le connard avec qui elle me trompait. Elle me sert un café brésilien avec de la crème fouettée sur le top. C'est délicieux. Elle m'en donne un autre qui a l'air de contenir plus d'alcool que de café. Elle me dit qu'elle s'ennuie de moi. Que l'autre est pas affectueux et tendre comme moi. Elle vient se coller contre moi et elle me frenche passionnément. Je suis paralisé par la peur, je ne sais pas quoi faire, comment réagir. Je me laisse faire par lâcheté.
Et puis tout à coup ça dérappe, on se ramasse dans mon ancien lit à faire vous-savez-quoi. Je crois que j'étais en manque d'amour et d'affection, mais ça n'excuse pas ce que j'ai fait. Au yeux de Linda, mais surtout à mes propres yeux. Je ne peux pas me faire ça; après avoir enfin réussit à trouver le courage de laisser Linda et de vivre ma propre vie, replonger aussi mollement dans mon ancienne existence pourrie.
Il est maintenant 6 h du matin. J'ai beaucoup réfléchis. J'écris un mot à Linda pour m'excuser de ce qui s'est passé hier soir. Je précise même que je n'ai pas du tout envie que ça se reproduise. Je prend ma boîte et je m'en vais sans me retourner. Si ça fait de moi un salaud, tant pis, je l'assume.
Je marche dans la rue avec ma boîte. C'est tranquille, il ne se passe pas grand chose à cette heure. Ça me fait réfléchir. J'ai envie d'être moi, le vrai Pierre. Je ne me rappelle plus de qui il est, mais je sens que je vais le redécouvrir en regardant dans cette boîte...

1 Comments:
Une faiblesse, juste une faiblesse.
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